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Conseil n° 8 : La lecture du soir, un moment sacré

Certains papas adorent lire des histoires. Chaque soir, Pedro Elias transforme la chambre de ses enfants en cabane de lecture. « Je prends Rover sur ma jambe droite et Bonnie sur ma jambe gauche. En sentant leurs cheveux tout propres, je prends conscience d’une chose importante. J’ai beau avoir une vie passionnante en-dehors de la maison, voilà ce qui est vraiment essentiel : faire la lecture à mes enfants. »

« J’aime les rituels et je transmets ça à mes enfants », déclare Pedro Elias (43 ans). « Ça ne veut pas dire que nous abattons un mouton chaque soir avant d’aller au lit. C’est juste que nous avons un scénario fixe pour notre moment de lecture quotidien. Je demande : "On va lire un livre ?". Et Rover, mon fils de deux ans, commence par dire non. Mais Bonnie, ma fille d’un an, se met déjà à grimper l’escalier. Finalement, Rover cède de bonne grâce. En haut, dans la chambre, il appuie sur l’interrupteur pour fermer le volet. Ainsi, nous pouvons laisser le jour à l’extérieur et nous glisser dans notre cabane de lecture. »

« Dans notre fauteuil de lecture, je commence toujours par installer mon fils sur ma jambe gauche parce que je sais qu’il veut aller sur ma jambe droite. Je le taquine avec ça chaque soir, mais lui aussi il joue avec mes pieds. Il arrive toujours à me faire lire plus que les deux livres convenus. Comment pourrais-je le lui refuser ? C’est un moment tellement beau, intime et chargé d’amour. »

« Quand je dois partir à l’étranger pour le travail, la première chose à laquelle je pense est : "Oh non, je vais rater nos moments de lecture". C’est un véritable bonheur à chaque fois. Ma femme voit à quel point cela nous rend heureux, les enfants et moi. Alors elle nous accorde volontiers ce moment. En contrepartie, elle bénéficie de cinq minutes pour souffler, souvent les premières de la journée. Elle va alors s’assoir dans le jardin. Ce moment de lecture n’apporte donc que des bonnes choses. C’est pourquoi il est sacré à la maison. »

En espagnol

« La lecture est un peu mon baromètre, qui m’indique si je suis dans le bon. Avec mon  agenda chargé, je ne suis pas le papa le plus présent. Mais je suis toujours là à sept heures et demie pour faire la lecture. En tant que parent, je ne veux pas être le meilleur ami de mes enfants. Je veux surtout leur procurer un sentiment de sécurité. Et je constate que ce moment de lecture y contribue. Après, Bonnie et Rover vont au lit calmement, sans rechigner. Je sais alors que j’ai accompli ma mission. J’ai aussi toujours fait la lecture à mon fils ainé, Matteo. Aujourd’hui, il a douze ans. Sa maman et moi, nous nous sommes séparés lorsqu’il avait deux ans. Chaque soir où il était chez moi, je lui faisais la lecture. C’était quelque chose d’immuable. »

« Je fais toujours la lecture en espagnol. Ma maman est de Malines et mon papa de Barcelone. Nous parlions espagnol à la maison. Chaque fois que je vais au Barça avec mon père, je passe dans une librairie sur le Paseo de Gracia. J’ai ainsi accumulé une immense collection pour mes enfants. Nous avons de quoi lire pour zéro à douze ans. »

« Récemment, j’ai été surpris de voir que j’avais entouré des mots au crayon dans une belle encyclopédie pour enfants. Il s’agissait de termes rencontrés en faisant la lecture à Matteo. Une fois qu’il les connaissait, je les entourais. J’ai trouvé ça quasiment criminel de ma part. Je ne suis pas un papa sévère mais apparemment, il me tient à cœur de transmettre ce sens de la langue. Ceci dit, ce n’est pas l’objectif principal. La lecture doit rester quelque chose d’agréable. »

Improviser

« Actuellement, je suis à la mer avec Bonnie et Rover. À deux ans, mon fils connait déjà la différence entre un phoque, une otarie et un dauphin grâce à son livre. C’est incroyable le nombre d’animaux qu’il peut nommer (également en espagnol !). Rover sait exactement ce qu’il doit chercher sur les images. En revanche, Bonnie montre souvent des choses peu pertinentes. Elle est surtout fascinée de voir les pingouins plonger dans l’eau. »

« Un autre favori du moment est un livre tout usé – il appartenait à ma femme quand elle était petite – avec Grover, le personnage de la rue Sésame. Mon fils a mis du temps à comprendre qu’il ne s’appelle pas Grover mais Rover. C’est lui qui a choisi ce livre. D’ailleurs, c’est toujours lui qui décide. J’aime les choses anciennes et j’aime l’idée que ce livre ait appartenu à Evelien. Bien sûr, ce n’est pas représentatif car normalement, nous lisons en espagnol. »

« Je suis impatient que mes enfants de un et deux ans soient suffisamment grands pour l’improvisation. C’est le genre de chose qui m’éclate : imaginer une histoire et voir sur quoi ça débouche. Mais je prends déjà énormément de plaisir avec Rover et Bonnie. Quand ils sont assis sur mes genoux, je sens leurs cheveux tout propres et je prends conscience d’une chose importante. J’ai beau avoir une vie passionnante en-dehors de la maison, voilà ce qui est vraiment essentiel: faire la lecture à mes enfants. »

« L’an dernier, Matteo a décrété qu’il pouvait lire tout seul désormais. C’est normal, évidemment, mais ça m’a brisé le cœur. Heureusement, j’ai deux autres enfants et je vais pouvoir leur faire la lecture pendant encore au moins dix ans. »

 

© Katrien Steyaert • photo Michiel Devijver | Iedereen Leest