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Les rectifications d’anomalies lexicales

A. Harmonie et cohérence

Généralement, les rectifications lexicales servent à harmoniser des familles de mots, afin que l’ensemble des mots de cette famille aient une orthographe cohérente.

NB : Aucune des rectifications orthographiques ne concerne les noms propres, ceux-ci gardent toujours leur orthographe traditionnelle.

Exemples

Avant Maintenant  Comme déjà...
Chariot  Charriot  Charrette, charrue, ...
Levraut  Levreau   Agneau, chevreau, ...
Dissous Dissout  Dissoute
Bonhomie Bonhommie  Homme, bonhomme,...
Combatif   Combattif  Combattre, combattant...

Les mots anciennement en -olle et les verbes anciennement en -otter s’écrivent avec une consonne simple, de même que leurs dérivés (ex. girole, frisoter, frisotis).
Exceptions :
- les monosyllabes colle, folle, molle
- les mots de la même famille qu’un nom en -otte (ex. botte/botter, flotte/flotter...).

L'intérêt

Ces changements installent de l’harmonie et de la cohérence au sein des familles de mots.


B. La soudure

Poursuivant un processus entrepris depuis le début des règles orthographiques françaises, une série de mots autrefois composés voient leur trait d’union remplacé par une soudure. C'est le cas en particulier pour les mots d'origine étrangère, les onomatopées et les mots composés de « extra- » , « infra-», « intra-», « ultra-».


Exemples

Avant  Maintenant
Week-end    Weekend
Auto-stop Autostop
Tic-tac Tictac
   

Par assimilation à une forme ressemblante

Avant Maintenant  Comme déjà…
Porte-monnaie Portemonnaie  Portefeuille
Mille-patte  Millepatte  Millefeuille

L’intérêt

Cette règle poursuit un processus entrepris depuis le début des règles orthographiques françaises : il s’agit de progressivement considérer comme des entités, comme des mots simples, les mots initialement composés de deux autres mots (comme c’est déjà le cas pour « plafond », « hautbois », « entrevue », …).


C. Anomalies ponctuelles

* « Ognon »

Auparavant, les deux graphies ("ognon" et "oignon") étaient admises. Lors d'une des éditions de son dictionnaire, l'Académie française a supprimé l'orthographe "ognon". Pourtant, le « i » n’a aucune justification ni étymologique, ni phonétique.  L'orthographe rectifiée recommande donc d'écrire "ognon" (à l'instar de mots  similaires : pognon, trognon, ...).

* « Nénufar »

Le mot s'est en réalité toujours écrit « nénufar », jusqu’à ce que, dans la huitième édition (1932-1935) du dictionnaire de l'Académie française, se glisse l’erreur de l’écrire avec « ph ».

La graphie « ph » en français sert à signaler l'origine grecque du mot (il s'agit de la transcription de la lettre « phi », « φ ») et n'a de sens qu'avec cette étymologie (comme dans « philosophie »). Or le mot "nénufar" est d'origine arabo-persane !


* « Assoir »

Selon l’ancienne orthographe, ce mot s’écrivait « asseoir ». Anciennement, le « e » était effectivement prononcé, mais ce n’est plus le cas depuis longtemps.

* « Exéma » et « douçâtre »

Le mot « exéma » ne s’écrit plus avec « cz », graphie qui n'existait que pour ce mot dans l’orthographe française. Ce mot s’orthographie maintenant sur le modèle des autres mots se prononçant de la même manière : examen, exécuter, ...

De manière similaire, il n’y avait aucun autre cas que « douceâtre » dans la langue française où le son /sa/ s’écrivait « cea », il est donc plus évident de l’orthographier « douçâtre ».

* Et encore quelques autres mots…

  • Le mot « lunetier » s'écrit à présent comme il se prononce (et non plus « lunettier »),  pareil pour « prunelier » (et non plus « prunellier ») ; le participe passé de « absoudre », dont la forme féminine est « absoute »,  s’écrit à présent « absout » (et non plus « absous »), l’orthographe de certains mots est rapprochée de leur prononciation (« iglou » et non plus « igloo », « yogourt » et non plus « yoghourt », …).